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IA Act pour les agences immobilières : chatbot, home staging IA, annonces et estimation

Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’IA Act s’applique aux agences. Voici, pour chacun des cinq usages courants, plus le dossier locataire, ce que dit le texte, ce qu’en disent les lignes directrices publiées par la Commission le 20 juillet 2026, la date, et ce qu’il faut afficher. Écrit pour des dirigeants d’agence.

Zakaria El Asri14 min

Le fait qui dérange

À notre lecture, le délai au 2 décembre 2026 vise les éditeurs de logiciels, et l’étiquette visible sur une photo de home staging est due depuis le 2 août 2026.

En bref

La réponse courte

Depuis le 2 août 2026, deux usages obligent une agence : le chatbot, qui annonce être une IA dès le premier message, et la photo de home staging réaliste, qui porte une mention visible. L’annonce rédigée par IA, l’estimation et le scoring de leads n’appellent ni étiquette ni haut risque. La notation de locataires peut devenir à haut risque en 2027.

L’explication générale de l’article 50, valable pour tous les secteurs, est dans notre guide sur l’obligation de transparence des agents IA. Cette page part des cas qu’une agence rencontre chaque semaine et du texte qui s’y applique, y compris le droit français qui s’y ajoute : pratiques commerciales trompeuses, mentions du DPE, RGPD.

2 août 2026

Application de l’article 50 à tous les systèmes, sans délai pour l’étiquette visible

Lignes directrices C(2026) 5054, § 153, 20 juillet 2026

2 déc. 2026

Fin du délai accordé aux éditeurs pour le marquage lisible par machine (article 50(2))

Service d’assistance IA Act de la Commission, calendrier

15 M€ ou 3 %

Amende maximale pour un manquement à l’article 50 ; pour une PME, le plus bas des deux

Article 99(4), repris au § 152 des lignes directrices

2 déc. 2027

Haut risque de l’annexe III, dont l’évaluation de la solvabilité des personnes

Règlement (UE) 2026/1744, calendrier de la Commission

La grille

Usage par usage : l’obligation, l’article, la date, l’affichage

Pour chaque usage, la question est la même : l’IA parle-t-elle directement à une personne, produit-elle une image réaliste d’un bien existant, ou sert-elle à juger la solvabilité de quelqu’un ? Si aucune de ces trois réponses n’est oui, l’IA Act ne demande rien de plus que l’article 4, la maîtrise de l’IA par votre équipe.
UsageObligation IA ActArticleDepuisCe qu’il faut afficher
Chatbot du site, de WhatsApp ou de MessengerInformer la personne qu’elle échange avec une IA, sauf si c’est évident50(1) et 50(5)2 août 2026« Je suis l’assistant IA de l’agence » au premier message, et une réponse honnête à « êtes-vous un humain ? »
Annonce rédigée par IAAucune : un texte publicitaire n’informe pas le public sur une question d’intérêt général50(4), al. 2 (hors champ)Sans objetRien au titre de l’IA Act. Les mentions DPE et les informations exactes restent obligatoires
Photo de home staging IASignaler l’image générée ou manipulée si elle peut passer pour réelle3(60), 50(4) al. 1, 50(5)2 août 2026« Aménagement virtuel, image générée par IA » écrit dans l’image, visible dès la vignette
Estimation de prix par IAPas de haut risque. Article 50(1) seulement si l’estimation se fait en conversation4 ; annexe III (hors champ)2 février 2025Rien d’imposé par l’IA Act. L’avis de valeur reste signé et assumé par l’agent
Scoring de leads vendeurs ou acquéreursPas de haut risque. RGPD : profilage à des fins de prospection4 ; RGPD, art. 13, 212 février 2025Mention du profilage dans l’information RGPD, droit d’opposition
Notation de candidats locatairesHaut risque possible si l’outil évalue la solvabilitéAnnexe III, 5 b) ; RGPD, art. 222 décembre 2027 (IA Act) ; déjà (RGPD)Décision finale humaine, information du candidat, pièces limitées au décret n° 2015-1437
Grille Lumyniq établie à partir du règlement (UE) 2024/1689 modifié, des lignes directrices C(2026) 5054 du 20 juillet 2026 et des pages de la CNIL. Lecture du 29 octobre 2026, sans valeur de conseil juridique.
Tableau des cinq usages de l’IA en agence immobilière : chatbot site ou WhatsApp soumis à l’article 50(1) depuis le 2 août 2026 ; annonce rédigée par IA sans étiquette ; home staging IA soumis à l’article 50(4) avec la mention « aménagement virtuel » dans l’image ; estimation de prix et scoring de leads hors haut risque, soumis à l’article 4 et au RGPD
Schéma Lumyniq, lecture du règlement (UE) 2024/1689 et des lignes directrices du 20 juillet 2026, 29 octobre 2026.

Les dates

Quelles dates s’appliquent à une agence ?

Deux dates s’appliquent à toute agence. Le 2 février 2025 pour l’article 4 (maîtrise de l’IA), réécrit par l’Omnibus avec effet au 27 juillet 2026. Le 2 août 2026 pour l’article 50 : chatbot annoncé, home staging étiqueté. Le 2 décembre 2026 concerne les éditeurs de logiciels. Le 2 décembre 2027 vise l’agence qui note la solvabilité de locataires.
Frise chronologique de l’IA Act pour les agences immobilières : 2 février 2025 article 4 et pratiques interdites, 10 juin 2026 code de bonnes pratiques, 14 juillet 2026 réponse du Gouvernement sur le home staging, 20 juillet 2026 lignes directrices de l’article 50, 27 juillet 2026 entrée en vigueur de l’Omnibus, 2 août 2026 application de l’article 50, 2 décembre 2026 fin du délai des éditeurs pour le marquage machine, 2 décembre 2027 haut risque de l’annexe III
Schéma Lumyniq. Sources : EUR-Lex, service d’assistance IA Act de la Commission, lignes directrices C(2026) 5054, JO de l’Assemblée nationale du 14 juillet 2026. Relevé du 29 octobre 2026.

Le 2 décembre 2026 prête à confusion. Le règlement (UE) 2026/1744, dit Omnibus, entré en vigueur le 27 juillet 2026, accorde ce délai aux fournisseurs de systèmes d’IA générative déjà sur le marché avant le 2 août 2026, pour une seule obligation : le marquage invisible, lisible par machine, de l’article 50(2). Le § 153 des lignes directrices de la Commission est explicite : pour un système à la fois conversationnel et génératif, l’information de la personne qui lui parle est due dès le 2 août 2026.

L’étiquette visible d’un hypertrucage relève d’un autre paragraphe, l’article 50(4), qui pèse sur le déployeur, c’est-à-dire l’agence. Aucun délai ne s’y applique. Le calendrier complet du règlement, haut risque compris, est dans notre guide de l’IA Act pour les entreprises.

Article 50(1)

Chatbot du site et WhatsApp : qui doit annoncer l’IA ?

L’article 50(1) oblige le fournisseur à concevoir le chatbot pour qu’il annonce être une IA. Une agence qui achète un outil prêt à l’emploi est déployeur ; une agence qui monte son propre assistant sous son nom, avec une API de modèle, devient fournisseur. Dans les deux cas, c’est sur le site ou dans WhatsApp de l’agence que l’annonce doit apparaître.

Les lignes directrices du 20 juillet 2026 donnent l’exemple d’une organisation qui développe un chatbot en interne et le met en service pour son propre usage, sous son nom : elle est fournisseur (§ 11). Un assistant WhatsApp construit avec un outil d’automatisation et un modèle de langage, présenté comme « l’assistant de l’agence Dupont », entre dans ce cas : l’agence porte alors elle-même l’obligation de l’article 50(1).

Trois précisions des lignes directrices changent le travail au quotidien.

  • Le canal ne compte pas. L’interaction peut passer par une interface en ligne, le téléphone ou l’e-mail (§ 30). Un agent qui répond sur WhatsApp, rappelle un acquéreur ou envoie seul un e-mail de relance est couvert.
  • Le brouillon relu n’est pas couvert. Quand un négociateur se sert d’un outil d’IA pour rédiger sa réponse et l’envoie lui-même, l’interaction n’est pas directe (§ 30). Le texte ajoute que la simple possibilité d’une relecture humaine ne doit pas servir à contourner l’obligation : si personne ne relit, le message part de l’IA.
  • Les réponses à règles fixes sont hors champ. Un message d’absence ou une réponse automatique à mots-clés de WhatsApp Business n’est pas un système d’IA (§ 30).

Reste l’exception du cas « évident ». La Commission demande de l’interpréter de façon restrictive et cite, parmi ce qui la fait reculer, une photo de profil humaine et une voix qui imite un humain (§ 45). Un assistant baptisé « Julie, votre conseillère », avec une photo souriante, est l’inverse d’un cas évident. Gardez le prénom si vous y tenez, ajoutez ce qu’il est : « Julie, assistante IA de l’agence ». Pour un agent vocal, les lignes directrices recommandent une phrase dite au début de l’appel, et un rappel dans les longs échanges (§ 37).

Le RGPD s’ajoute. La fiche de la CNIL sur les chatbots, publiée le 19 février 2021, demande de prévenir l’utilisateur, avant l’échange, de ne pas confier de données sensibles, et de purger celles qu’il saisit malgré tout. Elle rappelle aussi qu’une conversation sans intervention humaine ne peut pas, à elle seule, aboutir à une décision importante comme un refus de crédit. Le message d’accueil type tient en deux phrases : « Bonjour, je suis l’assistant IA de l’agence. Je réponds sur nos biens et nos visites ; pour une offre ou une situation personnelle, un conseiller vous rappelle. »

Article 50(4), second alinéa

Une annonce rédigée par IA doit-elle porter une mention ?

Non. L’article 50(4) ne vise que les textes publiés pour informer le public sur une question d’intérêt général, et les lignes directrices citent les textes publicitaires et les descriptions de produits parmi les exemples hors champ (§ 131). Une annonce immobilière en fait partie. Elle reste soumise au Code de la consommation, à la loi Hoguet et aux mentions du DPE.

L’exemple de la Commission (encadré du § 131) comporte une réserve que l’article de MySweetImmo du 4 août 2026 ne mentionne pas : la description de produit sort du champ sauf allégations liées, par exemple, à la santé, à la sécurité des consommateurs ou à la durabilité. Une annonce qui vante un logement « économe », « bas carbone » ou « rénové pour la planète » s’approche de cette réserve. Le risque reste faible tant qu’un humain relit et assume le texte, puisque la relecture humaine sous responsabilité éditoriale exempte de l’étiquette (§ 133). Il disparaît si le texte s’en tient aux faits du DPE.

Cette relecture a un contenu précis. La Commission la définit (§ 134 et 135) comme un examen délibéré du fond par une personne compétente, qui peut approuver, modifier ou refuser ; une correction orthographique ne compte pas. C’est d’ailleurs ce que la loi Hoguet demande déjà à l’agent : garantir l’exactitude de ce qu’il publie. Les points à vérifier en priorité : surfaces, équipements comme la cave ou l’ascenseur, exposition, charges.

Les mentions énergétiques ne se délèguent pas à l’IA. Selon service-public.fr, une annonce en ligne ou en vitrine doit afficher les classes énergie et climat en couleur sur les échelles A à G, la mention « logement à consommation énergétique excessive » pour un bien classé F ou G, et le « montant estimé des dépenses annuelles d’énergie pour un usage standard » avec l’année de référence des prix. La même fiche de service-public.fr, consultée le 29 octobre 2026, indique que le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026 : une IA qui réécrit une ancienne annonce peut recopier une classe qui a changé. Pour que ces annonces soient aussi lues par les assistants, voir notre guide rendre son agence immobilière visible dans ChatGPT.

Article 50(4), premier alinéa

Home staging IA : quand faut-il une étiquette, et où la mettre ?

Une photo réaliste d’une pièce réelle meublée par IA est, à notre lecture, un hypertrucage au sens de l’article 3(60) : elle ressemble à un lieu existant et peut passer pour authentique. L’agence doit le signaler dès la première vue. Nous recommandons d’écrire la mention dans l’image, car un portail n’a pas à garder la légende (§ 16).

L’article 3(60) définit l’hypertrucage comme une image, un son ou une vidéo générés ou manipulés par l’IA, qui ressemblent à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et qui sembleraient faussement authentiques. Les lignes directrices précisent que les « objets » incluent les bâtiments (§ 113) et que l’appréciation tient compte du contexte et des attentes du public (§ 114). Un acheteur qui regarde une annonce s’attend à voir le bien tel qu’il est.

Les exemples de la Commission ne parlent pas d’immobilier ; voici notre lecture. Dans l’encadré qui suit le § 116, est un hypertrucage l’image d’un produit publicitaire qui peut tromper sur son apparence réelle, par exemple en le rendant plus attrayant ou de meilleure qualité qu’en réalité. N’en est pas un le produit réel montré devant un décor généré, tant que la publicité ne trompe pas sur le produit lui-même. Nous en déduisons que, dans une annonce, le produit est le logement : des meubles ajoutés changent la perception du bien et appellent l’étiquette.

Schéma en trois colonnes : retouche technique (éclairage, couleurs, réduction du bruit, passant effacé) sans étiquette ; aménagement virtuel (meubles ajoutés dans une pièce vide) autorisé avec étiquette visible dans l’image ; dissimulation (fissure ou humidité effacée, vis-à-vis supprimé, piscine inventée) interdite même étiquetée
Schéma Lumyniq. Sources : lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026 (§ 113 à 116), réponse ministérielle publiée au JO de l’Assemblée nationale le 14 juillet 2026, Code de la consommation.

Ce qui ne demande pas d’étiquette. Le § 116 cite les retouches mineures qui ne changent pas la perception de l’authenticité : correction des couleurs, éclairage, réduction du bruit, mise à l’échelle, effacement d’un passant à l’arrière-plan. La Commission ajoute que tout dépend du contexte et de l’effet sur la perception de la personne.

Où mettre la mention. Elle doit être claire, perceptible sans outil, et présente au plus tard à la première exposition (article 50(5)). Les lignes directrices ajoutent deux points utiles pour une agence. Les plateformes qui ne font que diffuser le contenu d’un tiers ne sont pas déployeurs (§ 16) : un portail d’annonces n’a donc aucune obligation au titre de l’article 50(4) de garder votre légende. Et le déployeur doit s’assurer, par exemple par contrat ou par réglage, que l’étiquette reste visible là où le public la voit (§ 12). L’article 50(5) n’impose pas d’emplacement : nous recommandons d’écrire la mention dans l’image, en bas de la photo, pour qu’elle reste visible sur chaque portail. Le marquage invisible que l’outil de home staging insère ne suffit pas (§ 117), et les trois icônes européennes publiées par la Commission sont facultatives.

Qui est déployeur. L’agence qui génère elle-même l’image l’est. Celle qui commande des visuels à un photographe ou à un home stager, sans décider de l’usage de l’IA, ne l’est pas selon le § 14 : le prestataire porte l’étiquette au titre de l’IA Act. Le Code de la consommation, lui, vise l’agence qui publie l’annonce. Exigez donc par écrit des visuels déjà étiquetés.

Les photos antérieures. Un hypertrucage généré avant le 2 août 2026 n’a pas à être étiqueté rétroactivement (§ 154). Une photo de home staging encore en ligne depuis l’été reste exposée au droit de la consommation, qui n’a pas de date de départ : étiquetez-la aussi.

Ce que l’étiquette ne couvre pas. Dans sa réponse publiée au Journal officiel le 14 juillet 2026, le Gouvernement admet la mise en scène d’un bien « tel qu’il apparaitrait s’il était meublé », et rappelle que le Code de la consommation sanctionne déjà les annonces qui altèrent la perception d’informations essentielles. La question du député Édouard Bénard dressait la liste de ce qui relève de la dissimulation : fissures ou taches d’humidité effacées, vis-à-vis supprimé, pièce élargie, jardin en friche reverdi, piscine ou terrasse ajoutée. Les lignes directrices disent la même chose côté européen : l’étiquette ne rend pas licite une publicité trompeuse (§ 129). Le texte prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende (article L. 132-2), et CMS Francis Lefebvre signale, le 28 mai 2024, des plafonds relevés à cinq ans et 750 000 euros pour une pratique commise en ligne.

Annexe III

Une estimation de prix par IA est-elle à haut risque ?

Non. L’annexe III de l’IA Act liste huit domaines à haut risque. Le seul qui touche la transaction est le point 5 b) : évaluer la solvabilité d’une personne physique ou établir sa note de crédit. L’estimation d’un bien n’y figure pas. Un outil d’estimation relève de l’article 4, et de l’article 50(1) s’il prend la forme d’une conversation.

Les huit domaines de l’annexe III sont la biométrie, les infrastructures critiques, l’éducation, l’emploi, l’accès aux services essentiels, les autorités répressives, la migration, et la justice et les processus démocratiques. Le point 5, services essentiels, vise quatre usages : l’éligibilité aux prestations publiques, la solvabilité et la note de crédit des personnes physiques, la tarification de l’assurance vie et santé, et le tri des appels d’urgence. Le point 4, emploi, concerne en revanche l’agence qui trie par IA les candidatures de futurs négociateurs : voir notre guide trier des CV avec l’IA et les règles de la CNIL.

Le format compte pour la transparence. Un formulaire où le vendeur saisit l’adresse et la surface, et reçoit une fourchette, ressemble aux outils que les lignes directrices excluent de l’article 50(1) dans l’encadré qui suit le § 31 : aide à la décision dont l’utilisateur voit le résultat sans échange réel. Un assistant qui pose des questions au fil de la conversation et commente le prix est un chatbot : il s’annonce comme IA.

Reste une limite pratique : un modèle d’estimation n’a pas visité le bien. L’avis de valeur que l’agence remet engage l’agent, et un écart de prix mal expliqué au vendeur est un mandat fragile. Si le formulaire d’estimation sert aussi à rappeler le vendeur par téléphone, il doit recueillir son consentement préalable, exigé depuis le 11 août 2026 par l’article L. 223-1 du Code de la consommation, avec les mentions du décret n° 2026-662. Nous détaillons ce formulaire dans notre guide estimation immobilière en ligne et agent IA.

RGPD et annexe III

Scoring de leads et dossiers locataires : où passe la frontière ?

Noter des leads vendeurs ou acquéreurs pour prioriser les rappels relève du profilage à des fins de prospection, encadré par le RGPD, hors haut risque. Noter la capacité de paiement d’un candidat locataire est un autre sujet : l’annexe III vise l’évaluation de la solvabilité, et le considérant 58 cite le logement. Échéance IA Act : 2 décembre 2027.

Le scoring de leads. Le classement par probabilité de vendre ou d’acheter ne fixe ni un droit ni un accès à un service. Le RGPD demande de mentionner ce profilage dans l’information donnée à la personne (articles 13 et 14) et lui donne un droit d’opposition sans justification quand il sert la prospection (article 21).

Les dossiers de candidats locataires. Le considérant 58 du règlement range le logement parmi les services essentiels dont l’accès dépend de l’évaluation de la solvabilité. Un outil qui note un dossier sur ses revenus et ses garanties pour décider qui obtient le bail ressemble à ce que vise le point 5 b). Le doute est réel, et nous l’indiquons comme tel ; la Commission prépare des lignes directrices sur la classification. Dès aujourd’hui, trois règles s’appliquent sans attendre 2027.

  • Pas de refus par le seul algorithme. L’article 22 du RGPD donne le droit de ne pas faire l’objet d’une décision entièrement automatisée produisant un effet important. La CNIL rappelle les garanties : intervention humaine, possibilité de donner son point de vue, droit de contester.
  • Des pièces limitées. Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe la liste des justificatifs demandables. La CNIL, dans sa page du 10 octobre 2025, signale une amende pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale en cas de pièce interdite. Une IA qui « lit tout le dossier » ne doit recevoir que ces pièces.
  • Pas de critère discriminatoire. La réponse ministérielle du 14 juillet 2026 cite expressément la sélection automatisée de candidats sur l’un des critères interdits par la loi (sexe, âge, origine, situation de famille) et indique que la DGCCRF signalerait ces pratiques au procureur et au Défenseur des droits.

Ce qu’un agent IA peut prendre en charge dans le dossier locataire, sans décider à la place de l’agence, est détaillé dans notre guide automatiser la gestion locative avec l’IA.

Article 4

L’article 4 en agence : que faut-il pouvoir montrer ?

L’article 4 s’applique depuis le 2 février 2025 ; l’Omnibus l’a réécrit avec effet au 27 juillet 2026. Il demande aux fournisseurs et aux déployeurs de soutenir par des mesures la maîtrise de l’IA de leur personnel et des personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte, sans niveau garanti ni certificat. À notre lecture, cela inclut vos agents commerciaux indépendants.

La rédaction actuelle, consultée sur le service d’assistance de la Commission (version consolidée du 27 juillet 2026), précise que l’obligation ne demande pas de garantir un niveau donné pour une personne donnée. Pour une agence, la preuve utile tient en trois documents : la liste des outils d’IA autorisés et leur usage, une règle écrite sur les données qu’on ne leur confie pas (pièces d’identité, avis d’imposition, bulletins de salaire), et la trace d’une séance où l’équipe a appris à relire une annonce générée et à étiqueter une photo. Le détail de ce qui vaut conformité est dans notre guide l’obligation de formation à l’IA, article 4.

Le cas MySweetImmo

Que disent MySweetImmo et la réponse ministérielle du 14 juillet ?

L’article de MySweetImmo du 4 août 2026 est juste sur l’essentiel : rôle de déployeur, chatbot annoncé, annonce sans étiquette, home staging à signaler, dissimulation interdite. Il ne traite ni l’estimation ni le portail qui supprime la légende. La réponse ministérielle du 14 juillet 2026, publiée six jours avant les lignes directrices, s’en écarte sur la date.

MySweetImmo, mis à jour le 4 septembre 2026, distingue bien fournisseur et déployeur, propose une phrase d’accueil pour le chatbot et sépare la projection (meubler une pièce vide) de la dissimulation. Les outils d’estimation n’y apparaissent que comme une ligne d’inventaire. L’article ne mentionne pas la réserve des allégations de durabilité pour les annonces, ni la question de l’étiquette sur les portails.

La réponse du Gouvernement à la question écrite n° 13930, publiée au Journal officiel le 14 juillet 2026, décrit deux marquages, une étiquette visible et un marquage invisible lisible par machine, puis écrit : « Pour les systèmes d’IA déjà mis sur le marché au 2 août 2026, ces obligations s’appliqueront à compter du 2 décembre 2026. » Cette réponse précède les lignes directrices du 20 juillet et l’entrée en vigueur de l’Omnibus le 27 juillet. Le § 153 limite le délai au marquage machine des fournisseurs : à notre lecture, une agence ne peut pas s’appuyer sur cette réponse pour reporter l’étiquette de ses propres photos.

Extrait de la réponse du Gouvernement à la question écrite n° 13930 : le règlement imposera à compter du 2 août 2026 un marquage visible des hypertrucages et un marquage invisible détectable par machine, puis « Pour les systèmes d’IA déjà mis sur le marché au 2 août 2026, ces obligations s’appliqueront à compter du 2 décembre 2026 »
Extrait de la réponse publiée au JO de l’Assemblée nationale le 14 juillet 2026, page 6658, version PDF de la question écrite n° 13930 consultée le 29 octobre 2026.

Les lignes directrices ne lient pas le juge. Le calendrier du service d’assistance de la Commission décrit lui aussi ce délai comme réservé à certains fournisseurs et à l’article 50(2).

Euronews écrivait le 25 septembre 2026 que les images d’appartements meublés par IA doivent porter un pictogramme de transparence. La Commission présente ses trois icônes comme facultatives. L’article 50(5) exige une mention claire et visible, dont l’agence choisit la forme.

Les limites

Ce que cette page ne règle pas

Les lignes directrices ne lient pas les juges. Nous n’avons trouvé aucune sanction visant une agence au titre de l’article 50, et la loi qui doit désigner les autorités françaises de surveillance n’était pas promulguée à notre connaissance au 29 octobre 2026. Les cas limites, comme la perspective 3D d’un programme neuf, se trancheront au cas par cas.

Le statut des lignes directrices. La communication de la Commission du 20 juillet 2026 indique qu’elles seront formellement adoptées une fois toutes les versions linguistiques disponibles, et qu’elles ne s’appliqueront qu’à partir de ce moment. Nous n’avons pas trouvé cette adoption. Le texte de l’article 50, lui, s’applique depuis le 2 août 2026.

La vente en l’état futur d’achèvement. Une perspective générée d’un immeuble qui n’existe pas encore peut exister de façon plausible au sens des lignes directrices (§ 113). Le critère de l’apparence trompeuse dépend des attentes du public (§ 114). Une mention « perspective non contractuelle, image générée » réduit le risque.

Le droit français non vérifié ici. Les articles L. 121-2 et L. 132-2 du Code de la consommation sont cités d’après la réponse ministérielle et un cabinet d’avocats, Légifrance n’ayant pas pu être consulté par nos outils ce jour-là. Cette page est une lecture des textes au 29 octobre 2026, sans valeur de conseil juridique : faites valider vos mentions par votre conseil ou votre fédération.

Méthode

Dans quel ordre mettre l’agence en conformité

Commencez par ce qui est dû depuis le 2 août 2026 et visible du public : le message d’accueil des chatbots et l’étiquette des photos de home staging. Ensuite, la relecture des annonces générées et l’inventaire des outils. Le dossier locataire vient en dernier, avec une échéance au 2 décembre 2027 et des règles RGPD déjà en vigueur.
  1. Lister les outils. Chatbot du site, assistant WhatsApp, générateur d’annonces, outil de home staging, estimation en ligne, CRM qui note les leads, y compris les comptes personnels des agents.
  2. Corriger le premier message de chaque chatbot. « Assistant IA de l’agence », un chemin vers un humain, et un test : demandez-lui s’il est un humain.
  3. Étiqueter les photos dans l’image. Une mention en bas de chaque visuel aménagé, et une clause écrite pour les visuels fournis par un prestataire.
  4. Relire chaque annonce générée. Surfaces, équipements, charges, DPE. Retirer toute allégation de durabilité qui ne vient pas du diagnostic.
  5. Mettre à jour l’information RGPD. Profilage des leads, durée de conservation des conversations, droit d’opposition.
  6. Garder un humain sur le dossier locataire. Aucune décision de refus sans relecture, des pièces limitées au décret de 2015.

Pour la vue d’ensemble des projets IA dans le secteur, voir notre guide sur l’IA dans l’immobilier. Lumyniq construit des agents IA sur mesure pour les agences, avec le message d’annonce IA, le passage à un humain et la journalisation prévus dès la conception ; c’est un projet d’agence, avec un délai de mise en place et un budget. Lumyniq prépare aussi Agent Studio, qui configure un agent à partir des pages de votre site et le teste contre vos règles ; liste d’attente ouverte.

FAQ

Questions fréquentes sur l’IA Act en agence immobilière

Non : l’IA Act ne l’impose pas. Les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026 rangent les descriptions de produits et les textes publicitaires hors de l’article 50(4) (encadré du § 131), sauf allégations liées à la santé, à la sécurité des consommateurs ou à la durabilité. L’annonce reste soumise au Code de la consommation et aux mentions obligatoires du DPE : relisez-la comme si vous l’aviez écrite.

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Sources

Liens vérifiés à la publication. Les textes réglementaires évoluent : reportez-vous toujours à la source officielle.

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