Guide · Immobilier · IA Act
Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’IA Act s’applique aux agences. Voici, pour chacun des cinq usages courants, plus le dossier locataire, ce que dit le texte, ce qu’en disent les lignes directrices publiées par la Commission le 20 juillet 2026, la date, et ce qu’il faut afficher. Écrit pour des dirigeants d’agence.
Le fait qui dérange
À notre lecture, le délai au 2 décembre 2026 vise les éditeurs de logiciels, et l’étiquette visible sur une photo de home staging est due depuis le 2 août 2026.
En bref
L’explication générale de l’article 50, valable pour tous les secteurs, est dans notre guide sur l’obligation de transparence des agents IA. Cette page part des cas qu’une agence rencontre chaque semaine et du texte qui s’y applique, y compris le droit français qui s’y ajoute : pratiques commerciales trompeuses, mentions du DPE, RGPD.
2 août 2026
Application de l’article 50 à tous les systèmes, sans délai pour l’étiquette visible
Lignes directrices C(2026) 5054, § 153, 20 juillet 2026
2 déc. 2026
Fin du délai accordé aux éditeurs pour le marquage lisible par machine (article 50(2))
Service d’assistance IA Act de la Commission, calendrier
15 M€ ou 3 %
Amende maximale pour un manquement à l’article 50 ; pour une PME, le plus bas des deux
Article 99(4), repris au § 152 des lignes directrices
2 déc. 2027
Haut risque de l’annexe III, dont l’évaluation de la solvabilité des personnes
Règlement (UE) 2026/1744, calendrier de la Commission
La grille
| Usage | Obligation IA Act | Article | Depuis | Ce qu’il faut afficher |
|---|---|---|---|---|
| Chatbot du site, de WhatsApp ou de Messenger | Informer la personne qu’elle échange avec une IA, sauf si c’est évident | 50(1) et 50(5) | 2 août 2026 | « Je suis l’assistant IA de l’agence » au premier message, et une réponse honnête à « êtes-vous un humain ? » |
| Annonce rédigée par IA | Aucune : un texte publicitaire n’informe pas le public sur une question d’intérêt général | 50(4), al. 2 (hors champ) | Sans objet | Rien au titre de l’IA Act. Les mentions DPE et les informations exactes restent obligatoires |
| Photo de home staging IA | Signaler l’image générée ou manipulée si elle peut passer pour réelle | 3(60), 50(4) al. 1, 50(5) | 2 août 2026 | « Aménagement virtuel, image générée par IA » écrit dans l’image, visible dès la vignette |
| Estimation de prix par IA | Pas de haut risque. Article 50(1) seulement si l’estimation se fait en conversation | 4 ; annexe III (hors champ) | 2 février 2025 | Rien d’imposé par l’IA Act. L’avis de valeur reste signé et assumé par l’agent |
| Scoring de leads vendeurs ou acquéreurs | Pas de haut risque. RGPD : profilage à des fins de prospection | 4 ; RGPD, art. 13, 21 | 2 février 2025 | Mention du profilage dans l’information RGPD, droit d’opposition |
| Notation de candidats locataires | Haut risque possible si l’outil évalue la solvabilité | Annexe III, 5 b) ; RGPD, art. 22 | 2 décembre 2027 (IA Act) ; déjà (RGPD) | Décision finale humaine, information du candidat, pièces limitées au décret n° 2015-1437 |

Les dates

Le 2 décembre 2026 prête à confusion. Le règlement (UE) 2026/1744, dit Omnibus, entré en vigueur le 27 juillet 2026, accorde ce délai aux fournisseurs de systèmes d’IA générative déjà sur le marché avant le 2 août 2026, pour une seule obligation : le marquage invisible, lisible par machine, de l’article 50(2). Le § 153 des lignes directrices de la Commission est explicite : pour un système à la fois conversationnel et génératif, l’information de la personne qui lui parle est due dès le 2 août 2026.
L’étiquette visible d’un hypertrucage relève d’un autre paragraphe, l’article 50(4), qui pèse sur le déployeur, c’est-à-dire l’agence. Aucun délai ne s’y applique. Le calendrier complet du règlement, haut risque compris, est dans notre guide de l’IA Act pour les entreprises.
Article 50(1)
Les lignes directrices du 20 juillet 2026 donnent l’exemple d’une organisation qui développe un chatbot en interne et le met en service pour son propre usage, sous son nom : elle est fournisseur (§ 11). Un assistant WhatsApp construit avec un outil d’automatisation et un modèle de langage, présenté comme « l’assistant de l’agence Dupont », entre dans ce cas : l’agence porte alors elle-même l’obligation de l’article 50(1).
Trois précisions des lignes directrices changent le travail au quotidien.
Reste l’exception du cas « évident ». La Commission demande de l’interpréter de façon restrictive et cite, parmi ce qui la fait reculer, une photo de profil humaine et une voix qui imite un humain (§ 45). Un assistant baptisé « Julie, votre conseillère », avec une photo souriante, est l’inverse d’un cas évident. Gardez le prénom si vous y tenez, ajoutez ce qu’il est : « Julie, assistante IA de l’agence ». Pour un agent vocal, les lignes directrices recommandent une phrase dite au début de l’appel, et un rappel dans les longs échanges (§ 37).
Le RGPD s’ajoute. La fiche de la CNIL sur les chatbots, publiée le 19 février 2021, demande de prévenir l’utilisateur, avant l’échange, de ne pas confier de données sensibles, et de purger celles qu’il saisit malgré tout. Elle rappelle aussi qu’une conversation sans intervention humaine ne peut pas, à elle seule, aboutir à une décision importante comme un refus de crédit. Le message d’accueil type tient en deux phrases : « Bonjour, je suis l’assistant IA de l’agence. Je réponds sur nos biens et nos visites ; pour une offre ou une situation personnelle, un conseiller vous rappelle. »
Article 50(4), second alinéa
L’exemple de la Commission (encadré du § 131) comporte une réserve que l’article de MySweetImmo du 4 août 2026 ne mentionne pas : la description de produit sort du champ sauf allégations liées, par exemple, à la santé, à la sécurité des consommateurs ou à la durabilité. Une annonce qui vante un logement « économe », « bas carbone » ou « rénové pour la planète » s’approche de cette réserve. Le risque reste faible tant qu’un humain relit et assume le texte, puisque la relecture humaine sous responsabilité éditoriale exempte de l’étiquette (§ 133). Il disparaît si le texte s’en tient aux faits du DPE.
Cette relecture a un contenu précis. La Commission la définit (§ 134 et 135) comme un examen délibéré du fond par une personne compétente, qui peut approuver, modifier ou refuser ; une correction orthographique ne compte pas. C’est d’ailleurs ce que la loi Hoguet demande déjà à l’agent : garantir l’exactitude de ce qu’il publie. Les points à vérifier en priorité : surfaces, équipements comme la cave ou l’ascenseur, exposition, charges.
Les mentions énergétiques ne se délèguent pas à l’IA. Selon service-public.fr, une annonce en ligne ou en vitrine doit afficher les classes énergie et climat en couleur sur les échelles A à G, la mention « logement à consommation énergétique excessive » pour un bien classé F ou G, et le « montant estimé des dépenses annuelles d’énergie pour un usage standard » avec l’année de référence des prix. La même fiche de service-public.fr, consultée le 29 octobre 2026, indique que le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026 : une IA qui réécrit une ancienne annonce peut recopier une classe qui a changé. Pour que ces annonces soient aussi lues par les assistants, voir notre guide rendre son agence immobilière visible dans ChatGPT.
Article 50(4), premier alinéa
L’article 3(60) définit l’hypertrucage comme une image, un son ou une vidéo générés ou manipulés par l’IA, qui ressemblent à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et qui sembleraient faussement authentiques. Les lignes directrices précisent que les « objets » incluent les bâtiments (§ 113) et que l’appréciation tient compte du contexte et des attentes du public (§ 114). Un acheteur qui regarde une annonce s’attend à voir le bien tel qu’il est.
Les exemples de la Commission ne parlent pas d’immobilier ; voici notre lecture. Dans l’encadré qui suit le § 116, est un hypertrucage l’image d’un produit publicitaire qui peut tromper sur son apparence réelle, par exemple en le rendant plus attrayant ou de meilleure qualité qu’en réalité. N’en est pas un le produit réel montré devant un décor généré, tant que la publicité ne trompe pas sur le produit lui-même. Nous en déduisons que, dans une annonce, le produit est le logement : des meubles ajoutés changent la perception du bien et appellent l’étiquette.

Ce qui ne demande pas d’étiquette. Le § 116 cite les retouches mineures qui ne changent pas la perception de l’authenticité : correction des couleurs, éclairage, réduction du bruit, mise à l’échelle, effacement d’un passant à l’arrière-plan. La Commission ajoute que tout dépend du contexte et de l’effet sur la perception de la personne.
Où mettre la mention. Elle doit être claire, perceptible sans outil, et présente au plus tard à la première exposition (article 50(5)). Les lignes directrices ajoutent deux points utiles pour une agence. Les plateformes qui ne font que diffuser le contenu d’un tiers ne sont pas déployeurs (§ 16) : un portail d’annonces n’a donc aucune obligation au titre de l’article 50(4) de garder votre légende. Et le déployeur doit s’assurer, par exemple par contrat ou par réglage, que l’étiquette reste visible là où le public la voit (§ 12). L’article 50(5) n’impose pas d’emplacement : nous recommandons d’écrire la mention dans l’image, en bas de la photo, pour qu’elle reste visible sur chaque portail. Le marquage invisible que l’outil de home staging insère ne suffit pas (§ 117), et les trois icônes européennes publiées par la Commission sont facultatives.
Qui est déployeur. L’agence qui génère elle-même l’image l’est. Celle qui commande des visuels à un photographe ou à un home stager, sans décider de l’usage de l’IA, ne l’est pas selon le § 14 : le prestataire porte l’étiquette au titre de l’IA Act. Le Code de la consommation, lui, vise l’agence qui publie l’annonce. Exigez donc par écrit des visuels déjà étiquetés.
Les photos antérieures. Un hypertrucage généré avant le 2 août 2026 n’a pas à être étiqueté rétroactivement (§ 154). Une photo de home staging encore en ligne depuis l’été reste exposée au droit de la consommation, qui n’a pas de date de départ : étiquetez-la aussi.
Ce que l’étiquette ne couvre pas. Dans sa réponse publiée au Journal officiel le 14 juillet 2026, le Gouvernement admet la mise en scène d’un bien « tel qu’il apparaitrait s’il était meublé », et rappelle que le Code de la consommation sanctionne déjà les annonces qui altèrent la perception d’informations essentielles. La question du député Édouard Bénard dressait la liste de ce qui relève de la dissimulation : fissures ou taches d’humidité effacées, vis-à-vis supprimé, pièce élargie, jardin en friche reverdi, piscine ou terrasse ajoutée. Les lignes directrices disent la même chose côté européen : l’étiquette ne rend pas licite une publicité trompeuse (§ 129). Le texte prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende (article L. 132-2), et CMS Francis Lefebvre signale, le 28 mai 2024, des plafonds relevés à cinq ans et 750 000 euros pour une pratique commise en ligne.
Annexe III
Les huit domaines de l’annexe III sont la biométrie, les infrastructures critiques, l’éducation, l’emploi, l’accès aux services essentiels, les autorités répressives, la migration, et la justice et les processus démocratiques. Le point 5, services essentiels, vise quatre usages : l’éligibilité aux prestations publiques, la solvabilité et la note de crédit des personnes physiques, la tarification de l’assurance vie et santé, et le tri des appels d’urgence. Le point 4, emploi, concerne en revanche l’agence qui trie par IA les candidatures de futurs négociateurs : voir notre guide trier des CV avec l’IA et les règles de la CNIL.
Le format compte pour la transparence. Un formulaire où le vendeur saisit l’adresse et la surface, et reçoit une fourchette, ressemble aux outils que les lignes directrices excluent de l’article 50(1) dans l’encadré qui suit le § 31 : aide à la décision dont l’utilisateur voit le résultat sans échange réel. Un assistant qui pose des questions au fil de la conversation et commente le prix est un chatbot : il s’annonce comme IA.
Reste une limite pratique : un modèle d’estimation n’a pas visité le bien. L’avis de valeur que l’agence remet engage l’agent, et un écart de prix mal expliqué au vendeur est un mandat fragile. Si le formulaire d’estimation sert aussi à rappeler le vendeur par téléphone, il doit recueillir son consentement préalable, exigé depuis le 11 août 2026 par l’article L. 223-1 du Code de la consommation, avec les mentions du décret n° 2026-662. Nous détaillons ce formulaire dans notre guide estimation immobilière en ligne et agent IA.
RGPD et annexe III
Le scoring de leads. Le classement par probabilité de vendre ou d’acheter ne fixe ni un droit ni un accès à un service. Le RGPD demande de mentionner ce profilage dans l’information donnée à la personne (articles 13 et 14) et lui donne un droit d’opposition sans justification quand il sert la prospection (article 21).
Les dossiers de candidats locataires. Le considérant 58 du règlement range le logement parmi les services essentiels dont l’accès dépend de l’évaluation de la solvabilité. Un outil qui note un dossier sur ses revenus et ses garanties pour décider qui obtient le bail ressemble à ce que vise le point 5 b). Le doute est réel, et nous l’indiquons comme tel ; la Commission prépare des lignes directrices sur la classification. Dès aujourd’hui, trois règles s’appliquent sans attendre 2027.
Ce qu’un agent IA peut prendre en charge dans le dossier locataire, sans décider à la place de l’agence, est détaillé dans notre guide automatiser la gestion locative avec l’IA.
Article 4
La rédaction actuelle, consultée sur le service d’assistance de la Commission (version consolidée du 27 juillet 2026), précise que l’obligation ne demande pas de garantir un niveau donné pour une personne donnée. Pour une agence, la preuve utile tient en trois documents : la liste des outils d’IA autorisés et leur usage, une règle écrite sur les données qu’on ne leur confie pas (pièces d’identité, avis d’imposition, bulletins de salaire), et la trace d’une séance où l’équipe a appris à relire une annonce générée et à étiqueter une photo. Le détail de ce qui vaut conformité est dans notre guide l’obligation de formation à l’IA, article 4.
Le cas MySweetImmo
MySweetImmo, mis à jour le 4 septembre 2026, distingue bien fournisseur et déployeur, propose une phrase d’accueil pour le chatbot et sépare la projection (meubler une pièce vide) de la dissimulation. Les outils d’estimation n’y apparaissent que comme une ligne d’inventaire. L’article ne mentionne pas la réserve des allégations de durabilité pour les annonces, ni la question de l’étiquette sur les portails.
La réponse du Gouvernement à la question écrite n° 13930, publiée au Journal officiel le 14 juillet 2026, décrit deux marquages, une étiquette visible et un marquage invisible lisible par machine, puis écrit : « Pour les systèmes d’IA déjà mis sur le marché au 2 août 2026, ces obligations s’appliqueront à compter du 2 décembre 2026. » Cette réponse précède les lignes directrices du 20 juillet et l’entrée en vigueur de l’Omnibus le 27 juillet. Le § 153 limite le délai au marquage machine des fournisseurs : à notre lecture, une agence ne peut pas s’appuyer sur cette réponse pour reporter l’étiquette de ses propres photos.

Les lignes directrices ne lient pas le juge. Le calendrier du service d’assistance de la Commission décrit lui aussi ce délai comme réservé à certains fournisseurs et à l’article 50(2).
Euronews écrivait le 25 septembre 2026 que les images d’appartements meublés par IA doivent porter un pictogramme de transparence. La Commission présente ses trois icônes comme facultatives. L’article 50(5) exige une mention claire et visible, dont l’agence choisit la forme.
Les limites
Le statut des lignes directrices. La communication de la Commission du 20 juillet 2026 indique qu’elles seront formellement adoptées une fois toutes les versions linguistiques disponibles, et qu’elles ne s’appliqueront qu’à partir de ce moment. Nous n’avons pas trouvé cette adoption. Le texte de l’article 50, lui, s’applique depuis le 2 août 2026.
La vente en l’état futur d’achèvement. Une perspective générée d’un immeuble qui n’existe pas encore peut exister de façon plausible au sens des lignes directrices (§ 113). Le critère de l’apparence trompeuse dépend des attentes du public (§ 114). Une mention « perspective non contractuelle, image générée » réduit le risque.
Le droit français non vérifié ici. Les articles L. 121-2 et L. 132-2 du Code de la consommation sont cités d’après la réponse ministérielle et un cabinet d’avocats, Légifrance n’ayant pas pu être consulté par nos outils ce jour-là. Cette page est une lecture des textes au 29 octobre 2026, sans valeur de conseil juridique : faites valider vos mentions par votre conseil ou votre fédération.
Méthode
Pour la vue d’ensemble des projets IA dans le secteur, voir notre guide sur l’IA dans l’immobilier. Lumyniq construit des agents IA sur mesure pour les agences, avec le message d’annonce IA, le passage à un humain et la journalisation prévus dès la conception ; c’est un projet d’agence, avec un délai de mise en place et un budget. Lumyniq prépare aussi Agent Studio, qui configure un agent à partir des pages de votre site et le teste contre vos règles ; liste d’attente ouverte.
FAQ
Guides liés
L’article 50 expliqué pour tous les secteurs, avec la checklist générale.
Le calendrier complet après l’Omnibus, le haut risque et le rôle de déployeur.
Ce que l’article 4 réécrit demande, et ce qui vaut preuve.
Des annonces et des pages que les assistants peuvent citer.
Liens vérifiés à la publication. Les textes réglementaires évoluent : reportez-vous toujours à la source officielle.
Une question, un projet, une idee ? On vous repond sous 24h. Audit gratuit, sans engagement.